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Près de dix ans après la promesse d'Emmanuel Macron de faire de la France une "start-up nation", les jeunes pousses françaises réunies au salon VivaTech sont nombreuses à se féliciter d'une amélioration de leur image, tandis que les organisations sectorielles et les acteurs institutionnels regardent vers l'après-2027.
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Pour le président, qui s'est rendu jeudi sur plusieurs stands en compagnie du Premier ministre indien Narendra Modi, cette visite sonne comme le début de la fin d'une relation très suivie, à moins d'un an de la prochaine élection présidentielle.
"Sur les dix ans, le bilan est quand même positif", commente auprès de l'AFP Maya Noël, directrice générale de France Digitale, lobby des start-up tricolores. "On a réussi à construire un écosystème d'entreprises innovantes et de fonds d'investissement en forte croissance".
D'après Franck Sebag, associé au sein du cabinet EY qui présente chaque semestre un bilan du capital-risque investi dans les jeunes pousses françaises, les montants des investissements sont passés de 2,1 milliards d'euros en 2016 à 7,3 milliards en 2025.
- "VRP de Mistral" -
Certains restent néanmoins plus sceptiques. Olivier Perroquin, président de la start-up de cybersécurité AnozrWay, regrette ainsi une commande publique "faible" et, s'il insiste sur l'importance de la banque publique d'investissement Bpifrance, cette organisation est née plusieurs années avant l'élection d'Emmanuel Macron.
L'ensemble de l'écosystème semble en revanche se mettre d'accord pour reconnaître à Emmanuel Macron d'avoir offert une tribune aux entreprises innovantes, notamment avec la création du sommet Choose France, mais aussi via ses prises de parole.
Connu pour dialoguer avec les patrons des jeunes champions français, il rate aussi rarement une occasion de les féliciter publiquement.
Une démarche imitée par certains membres du gouvernement. "Moi, je considère que je suis un peu, même beaucoup, comme la VRP de Mistral", vaisseau amiral tricolore de l'intelligence artificielle, avait déclaré dans une interview à l'AFP la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.
- "Grosse inquiétude" -
Malgré sa croissance, l'écosystème des start-up françaises fait néanmoins difficilement le poids sur la scène mondiale.
L'économiste Antonin Bergeaud, professeur associé à HEC Paris, souligne ainsi un "déclin en termes d'innovation en France par rapport à d'autres pays".
D'après des chiffres de l'OCDE, le pays est ainsi resté depuis 2010 à un niveau de dépenses en recherche et développement de 2,2% de son PIB, tandis que ce chiffre a grimpé à 3,1% pour l'Allemagne et à 3,4% pour les États-Unis en 2025.
"Il ne faut pas oublier qu'on est toujours à la traîne, parce qu'au final, même si on a beaucoup grandi, qu'il y a eu une très belle croissance de beaucoup d'entreprises, on croît beaucoup moins vite que nos concurrents extra-européens", regrette Maya Noël chez France Digitale.
Face aux besoins constants de financements publics et privés pour accompagner le développement des start-up, certains pensent déjà à la succession du chef de l’État.
"Il y a une grosse inquiétude parce que les start-up, c'est un peu un signal avancé de ce qui va bien ou de ce qui ne va pas", estime le PDG de la licorne (valorisée à plus d'un milliard de dollars) Mirakl, spécialisée dans l'e-commerce.
"Quand vous avez des start-up, ça veut dire que des gens sont prêts à entreprendre, à créer des emplois, d'autres gens sont prêts à investir", poursuit le dirigeant.
Pour tenter de peser dans les futures politiques publiques, France Digitale indique avoir commencé à parler "aux équipes de campagne, aux personnes en charge des programmes".
"Ce qu'on essaie de faire comprendre, c'est qu'on a besoin de stabilité", plaide sa directrice générale.