Mais comment va Antoine Dupont ? Très bien, merci pour lui et pour Toulouse. S'il y avait un peu d'incertitude autour de la forme du N.9 rouge et noir, il y a répondu de façon limpide vendredi à Marseille, avec une prestation brillante face au Racing 92 (71-17) en demi-finale du Top 14.
Du Vélodrome au Vélodrome, du 9 mai contre Toulon (57-21) à ce vendredi contre le Racing, Dupont avait disparu des terrains pendant près d'un mois et demi, rattrapé par un pépin aux adducteurs. Excellent contre les Varois, il l'a encore été, peut-être plus encore, face aux Parisiens.
Car pendant la première période, terrible pour eux, les hommes de Patrice Collazo ont vu Dupont partout et ne l'ont arrêté nulle part, systématiquement pris par ses feintes, son sens du tempo, son coup d'avance permanent.
Dès la 6e minute, il a ainsi été à l'origine des premiers points du Stade, d'abord en temporisant pour que sa passe permette à Pierre-Louis Barassi d'éliminer la première ligne de défense, puis en offrant d'un coup de pied parfait l'essai à Teddy Thomas.
Avant la demi-heure de jeu, les deux hommes se sont retrouvés, avec une passe laser du N.9 pour un numéro d'équilibriste de l'ailier, aboutissant au final à l'essai de Jack Willis, le quatrième, déjà, pour Toulouse.
Le chef d'oeuvre est ensuite arrivé à la 36e minute, avec une chistera dans le dos pour mettre hors de position la défense parisienne, déjà totalement déboussolée, puis 30 mètres de course solitaire pour aller aplatir lui même entre les poteaux.
Toulouse alors menait déjà de 35 points (38-3) et autour de l'état de forme du champion olympique à VII il n'y avait plus ni doute ni incertitude. Qu'avait-il raté ? Rien, ou pas grand chose. On a vu une perte de balle et un ou deux coups de pied simplement bons, à défaut d'être parfaits.
- "le syndrome Michalak" -
Au bout d'une saison compliquée, débutée en convalescence après sa rupture du ligament croisé du genou droit en mars 2025 et où il a alterné le brillant et le moins convaincant en club comme en sélection, il n'y avait pourtant pas de garantie.
"Sa performance, ça reste toujours une inconnue. Mais c'est l'inconnue du Stade Toulousain, c'est l'inconnue de tous les joueurs qui vont rentrer sur la pelouse demain", avait ainsi admis jeudi son entraîneur Ugo Mola.
"Ce qui est sûr, c'est qu'il est déterminé. Maintenant, est-ce que ça suffira pour en faire le grand Antoine Dupont que vous attendez tous ? Moi, je sais qu'à un certain niveau, il suffira à ce que l'équipe joue bien", avait-il ajouté.
Au milieu du mois d'avril, Clément Poitrenaud, l'entraîneur des trois-quarts du Stade, avait pour sa part expliqué qu'il était difficile de juger Dupont cette saison.
"C'est le syndrome Michalak. Tu montres tellement de choses incroyables que dès que tu es un peu moins bon, on te dit médiocre. Antoine, c'est un peu pareil. Il n'a pas fait que des choix judicieux. Ses jeux au pied n'ont pas toujours été pertinents. Mais malgré tout, il a eu quelques coups d'éclat qui ont été intéressants", avait-il dit.
"Tout le monde est très dur avec lui. Je peux le comprendre, c'est lié a son statut, et il l'assume complètement. Nous, on connaît sa valeur et on sait qu'en l'accompagnant comme on l'a toujours fait, il vous redonnera à nouveau satisfaction", avait-il ajouté.
Cela n'a pas traîné et quand Dupont, qui visera samedi prochain un sixième titre avec le Stade Toulousain, a quitté le terrain à la 51e minute, match plié et récital terminé, c'est une immense ovation qui l'a accompagné jusqu'au banc de touche.
R.Prakash--BD