Biathlon: la revanche de Lou Jeanmonnot, sacrée à deux courses de la fin / Photo: Heiko Junge - NTB/AFP
Après la frustration, la délivrance: la Française Lou Jeanmonnot a décroché jeudi sa première Coupe du monde de biathlon à Oslo, un an après sa chute dans le stade d'Holmenkollen qui l'avait privée du sacre.
"C'est l'objectif de ma carrière. Peut-être le rêve numéro un sur ma liste. Je suis vraiment fière", a réagi à chaud Jeanmonnot, souriante et soulagée après avoir pris la sixième place du sprint qui lui assure le titre.
Deuxième du classement général lors des deux dernières saisons, la Jurassienne devient à 27 ans la cinquième Française à remporter le gros globe de cristal, récompense remise à la lauréate de la Coupe du monde, après Anne Briand (1995), Emmanuelle Claret (1996), Sandrine Bailly (2005) et Julia Simon (2023).
"Ça fait quelques années qu'elle montre une super belle régularité. C'est la juste récompense de toutes ces saisons aussi régulières. Elle ne loupe pas beaucoup de balles, on est même surpris quand elle en loupe une", l'a encensé sa compatriote Julia Simon, dernière lauréate française du gros globe.
Le soulagement est d'autant plus grand qu'elle skiait depuis son retour des Jeux olympiques avec la peur de voir le titre lui échapper, comme lors de la dernière course de la saison l'hiver dernier à Oslo, déjà, et sa chute dans l'avant-dernier virage. Elle avait laissé filer l'Allemande Franziska Preuss vers le sacre final.
"Émotionnellement, c'est du soulagement, parce que c'était vraiment difficile d'être un peu dans un entre-deux. D'un côté, tellement évident que ce serait un scandale de passer à côté et d'un autre il fallait aller le chercher", a dit la native de Pontarlier.
"C'est une histoire de balance à trouver, avec de la détente et à la fois de l'envie, le tout avec un petit peu de pression. C'est un bon mélange qui prend la tête. Et ça domine mes pensées 24 heures sur 24. Là ça va enfin s'arrêter", s'est-elle réjouie.
La tension était palpable dès les réglages avant la course: Lou Jeanmonnot avait le visage fermé, la mâchoire serrée, comme ses parents assis au premier rang dans les tribunes du temple norvégien du ski nordique.
- "Arrêter de compter les points" -
"Je ne suis pas extrêmement fière de ma course, elle n'est pas superbe, mais dans le contexte de porter un dossard jaune et de devoir sceller cette fin de saison, ça me suffit", a résumé Jeanmonnot.
La Française a fait la course qu'il fallait, avec une faute sur sa dernière balle au tir debout (9/10), pour assurer la 6e place du sprint (7,5 km) remporté par la Suédoise Hanna Oeberg.
Elle devance à l'arrivée Suvi Minkkinen (11e), la dernière qui pouvait encore empêcher son sacre. La Finlandaise a été parfaite derrière la carabine mais plus lente à ski que la Française sur la neige de printemps d'Oslo.
À deux courses de la fin de la saison et seulement 180 points à distribuer, elle ne peut plus être dépassée et va pouvoir "profiter" des deux dernières courses, une poursuite samedi et une mass start dimanche.
"Il y a encore des belles choses à aller chercher, mais ce sera de manière un peu plus légère. Disons que là, je suis très contente d'arrêter de compter les points", a souri la biathlète.
Après une première étape poussive, Lou Jeanmonnot avait décroché sa première victoire à Hochfilzen (Autriche) avant de prendre le dossard jaune au Grand-Bornand, devant son public, pour le conserver jusqu'à Oslo, avec neuf podiums dont trois victoires avant les deux dernières courses.
Lors de l'intermède olympique des Jeux de Milan Cortina, elle a décroché quatre médailles (l'or dans les relais féminin et mixte, l'argent en individuel et le bronze en sprint).
F.Prabhu--BD