Ski: Franzoni triomphe à Kitzbühel, podium fou pour Maxence Muzaton / Photo: BARBARA GINDL - APA/AFP
Scenario fou à Kitzbühel samedi! La révélation italienne de l'hiver Giovanni Franzoni a remporté la mythique descente autrichienne devant le favori suisse Marco Odermatt, tandis que le Français Maxence Muzaton a créé la surprise en montant à 35 ans sur son premier podium en descente.
En pleine confiance après son premier podium en décembre et sa première victoire en Coupe du monde la semaine dernière lors du super-G de Wengen, Giovanni Franzoni est entré dans la cour des grands du ski en s'imposant sur la Streif.
Toujours à l'attaque avec son dossard 2, le skieur de 24 ans a été rapide d'entrée de jeu avant de prendre tous les risques jusqu'en bas du tracé. "Il a plié la course", anticipait alors l'ancien descendeur français Johan Clarey, consultant sur Eurosport, avant même que les favoris se soient élancés.
Effectivement, les cadors n'ont pas réussi à faire mieux, pas même Marco Odermatt (+ 7/100e) qui rêvait pourtant de s'imposer enfin sur cette descente mythique. Le Suisse quadruple vainqueur de gros globe n'a encore jamais réussi à remporter celle de Kitzbühel (2e en 2022, 3e et 2e et 2024, 6e en 2025), une anomalie au goût de malédiction pour le skieur - dépité en bas de la piste - qui domine pourtant la discipline depuis trois hivers.
- Muzaton "comme un guerrier" -
Mais l'énorme exploit du jour est venu du Français Maxence Muzaton. Le skieur de La Plagne, âgé de 35 ans, n'avait jamais fait mieux que 5e en descente, sa discipline de prédilection.
Parti avec le dossard 29, il a fait trembler Giovanni Franzoni jusqu'au bout en allumant du vert à tous les intermédiaires jusqu'aux trois quarts de la course, avant de finalement perdre la tête de course en fin de descente. Sur une piste qu'il apprécie, où il avait terminé deux fois 5e, il a finalement fini troisième à 39 centièmes de Franzoni.
"Je me donne toujours deux ou trois mots clés pour me donner un état d'esprit avant une course, et sur une course comme Kitzbühel, je me donne l'état d'esprit d'être comme un guerrier parce qu'il faut attaquer la piste", affirmait Muzaton la semaine dernière à Wengen. "J'essaye d'être le plus proche de l'instinct pur quand on est sur les skis."
- Des Français performants -
Muzaton, devenu papa cet été, décroche son premier podium en descente et son deuxième en Coupe du monde, neuf ans après son premier podium en combiné et 2017 (2e).
"Moi, si demain j'arrête ma carrière, ce qu'il faudrait c'est faire un podium en descente. Voilà, l'objectif il est là, tout simplement", affirmait Muzaton à Wengen.
"Je ne m'en fait pas une montagne non plus, car pour faire un podium, ça passe par faire mon ski à 100% le jour J. Mais bien sûr que si demain je dois tirer ma révérence, j'aimerais le faire en ayant fait au moins un podium dans une discipline de vitesse", avait-il alors ajouté.
Pour Muzaton, ce podium sur la course reine du circuit intervient au meilleur des moments puisque les sélectionneurs de l'équipe de France ont jusqu'à lundi pour arrêter leur liste pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina.
Pas encore assuré de faire partie de la sélection française, qui ne dispose que de sept places toutes disciplines confondues pour le ski alpin, Muzaton a forcément marqué des gros points pour valider son ticket pour Bormio, même si ses compatriotes ont tous brillé samedi.
Nils Allègre a terminé cinquième à 68 centièmes. Alban Elezi Cannaferina est 12e avec son dossard 55, Charles Gamal Seigneur 15e, Matthieu Bailet 18e et Blaise Giezendanner 21e.
La Coupe du monde de ski se poursuit dimanche avec le slalom de Kitzbühel.
R.Kohli--BD