Rapport du HCE : Les femmes plus touchées par la dépression en raison de pressions sociales
Selon un nouveau rapport du Haut Conseil à l'Égalité (HCE), les troubles dépressifs touchent significativement plus les femmes que les hommes en France. Avec 18,2 % des femmes concernées contre 12,8 % des hommes en 2024, le document attribue cet écart non seulement à des facteurs biologiques, mais surtout à un environnement socioculturel et économique défavorable aux femmes.
En France, 15,6 % des adultes âgés de 18 à 79 ans ont connu un épisode dépressif caractérisé au cours de l'année 2024. Cette moyenne nationale masque toutefois une disparité marquée entre les sexes, comme le souligne un rapport intitulé « Santé mentale : genre et troubles dépressifs, pourquoi les femmes sont-elles plus à risque ? » publié par le Haut Conseil à l'Égalité (HCE). Les données révèlent que 18,2 % des femmes ont été touchées par ces troubles, contre 12,8 % des hommes. Cet écart se manifeste dès la puberté et s'inscrit dans une dynamique qui persiste tout au long de la vie.
Si les études scientifiques ont longtemps mis en avant une hypothèse hormonale, liée aux fluctuations durant la grossesse ou la ménopause, le rapport du HCE insiste sur la nécessité d'examiner les déterminants socioculturels et économiques. « La vulnérabilité des femmes aux troubles dépressifs s’inscrit dans des rapports sociaux qui les exposent davantage à la précarité, aux violences, à la charge mentale, aux risques psychosociaux, à l’isolement », explique le conseil.
Dès l'âge de 12 ans, les filles présentent plus de symptômes dépressifs, d'anxiété et d'idées suicidaires. Cette vulnérabilité précoce est attribuée à une exposition aux normes de beauté, à la comparaison permanente et à la pression des réseaux sociaux. Les femmes sont également cinq fois plus ciblées que les garçons par le « revenge porn » et subissent plus fréquemment du cyberharcèlement.
La grossesse constitue une période à risque, avec une prévalence élevée de symptômes dépressifs. Le rapport identifie plusieurs facteurs : antécédents psychiatriques, isolement, précarité, violences conjugales, traumatismes et manque de soutien. L'injonction à la maternité heureuse et l'idéal de la « bonne mère » peuvent renforcer le sentiment d'échec et empêcher de demander de l'aide.
Au quotidien, les femmes assument la majorité des tâches domestiques et parentales. Cette charge mentale se combine à des trajectoires professionnelles souvent marquées par le temps partiel, les interruptions d'activité et les emplois précaires. Avec l'âge, la situation se complexifie : les femmes disposent plus souvent de revenus de retraite inférieurs, sont davantage exposées au veuvage et à la solitude.
Face à ces constats, le HCE plaide pour une meilleure prise en charge des symptômes dépressifs chez les femmes.
R.Prakash--BD