Le président libanais exhorte Washington à agir face à Israël après une "dangereuse escalade" / Photo: MAHMOUD ZAYYAT - AFP
Le président libanais Joseph Aoun a exhorté dimanche Washington et la communauté internationale à "faire cesser" les attaques israéliennes sur son territoire, qui ont fait quatre morts dans la matinée.
Ces frappes, qui ont également endommagé des bâtiments gouvernementaux et détruit un hôpital désaffecté, constituent "une dangereuse escalade (...) touchant les institutions de l'Etat libanais" ainsi que des établissements de santé, a dénoncé M. Aoun dans un communiqué.
Il a appelé les Etats-Unis et d'autres pays à "agir d'urgence pour faire cesser ces violations".
Le ministère libanais de la Santé a fait état de deux morts à Nabatiyé el-Faouqa et de deux femmes tuées à Arab Salim, une commune voisine dans le sud du Liban. Vingt personnes ont également été blessées, parmi lesquelles des enfants.
L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir riposté au lancement par le Hezbollah de deux drones contre ses soldats, sans faire de blessés, et dénoncé "une violation flagrante" du cessez-le-feu.
Elle a ajouté avoir visé des membres et des infrastructures du mouvement chiite, notamment des "dépôts d'armes et des structures terroristes", ainsi qu'un "centre de commandement établi dans un bâtiment qui avait auparavant servi d'hôpital".
Le Hezbollah n'a revendiqué aucune opération depuis juin.
Israël avait émis plus tôt son premier ordre d'évacuation depuis plusieurs semaines, sommant les habitants d'Arab Salim de quitter les lieux.
Sur les lieux du bombardement, des objets personnels et un drapeau du Hezbollah gisaient parmi les décombres. Des bâtiments voisins ont également été touchés, selon un correspondant de l'AFP.
Aucun avertissement n'a été diffusé pour les autres zones ciblées.
- "Grave violation" -
Selon les médias locaux, une frappe à Nabatiyé el-Faouqa a détruit l'ancien hôpital Ghandour, hors de service depuis des années. C'est "une nouvelle grave violation du droit international humanitaire", a fustigé le ministère de la Santé.
D'après l'Agence nationale d'information (Ani), d'autres raids ont ciblé une moto dans la même région ainsi qu'un édifice historique de la ville, endommageant les bureaux des autorités chargées des finances et de l'agriculture.
Un journaliste de l'AFP a constaté d'importants dégâts sur les bâtiments voisins, les commerces et les véhicules, tandis que des engins de chantier déblayaient la chaussée.
Le maire de Nabatiyé, Abbas Fakhreddine, a appelé le gouvernement libanais à "agir (...) et au moins à défendre ses institutions".
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant, dès le mois de mars, des attaques contre Israël en soutien à l'Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités.
Si les hostilités ont faibli depuis juin à la suite d'un protocole d'accord américano-iranien et d'un accord-cadre entre le Liban et Israël, l'armée israélienne maintient des opérations sporadiques dans le sud, où elle occupe toujours une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres.
Vendredi soir, des bombardements ont fait quatre morts dans le sud et l'est du Liban, l'armée israélienne disant là aussi avoir visé des "terroristes et infrastructures" du Hezbollah, y compris des "dépôts d'armes".
La veille, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse Ali Taher, qui servait de position stratégique au Hezbollah à Nabatiyé. Le mouvement libanais n'a pas confirmé.
De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens, bien qu'aucune date n'ait été annoncée.
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C.Jaggi--BD