Mise en demeure de CNews: l'Arcom "joue son rôle", "à l'écart de toute considération politique" / Photo: Thomas SAMSON - AFP/Archives
Le patron de l'Arcom Martin Ajdari a estimé jeudi que le régulateur de l'audiovisuel avait "joué son rôle", en étant "à l’écart de toute considération politique", avec la mise en demeure la chaîne d'infos CNews, sommée de respecter davantage la diversité d'opinions sur son antenne.
Mi-juin, le régulateur de l'audiovisuel, qui répondait à une saisine de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) en janvier, a mis en demeure la chaîne d'infos dans le giron de Vincent Bolloré de mieux respecter la diversité "des courants de pensée et d'opinion", sous peine d'ouvrir la voie à des sanctions, notamment financières.
Mercredi, le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, a estimé que cette mise en demeure était "une décision politique", dans une tribune publiée sur le site du Figaro.
L'"exigence" de pluralisme "est prévue par la loi et constitue, selon le Conseil constitutionnel, une condition de la démocratie", écrit M. Ajdari dans une déclaration publiée sur son compte LinkedIn.
La loi "s’oppose (...) à ce qu’un déséquilibre manifeste et durable apparaisse, sur l’ensemble de la programmation, dans l’expression des différents courants de pensée et d'opinion", ajoute-t-il.
Selon lui, "CNews, comme les autres chaînes, est tenue de respecter ces règles".
"Le législateur fait la loi, le Conseil d’État l’interprète en tant que de besoin, les éditeurs sont tenus de l’appliquer et l’Arcom intervient en cas de manquement, sous le contrôle du juge", poursuit-il.
"A l’écart de toute considération politique, dans le respect des opinions de chacun et du pluralisme, nous continuerons pour notre part à jouer notre rôle", ajoute M. Ajdari.
M. Ajdari rappelle que CNews a la possibilité de "contester (la) décision devant le Conseil d’État, qui dira si elle est conforme au droit".
Les médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré (CNews, JDD, JDNews, Europe 1) ont été pointés du doigt ces dernières semaines, jusqu'au quai d'Orsay, pour la place accordée à la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée de relayer la propagande du Kremlin. Les dirigeants de ces médias ont fait bloc pour la défendre, en mettant en avant la liberté d'expression.
L'Arcom a récemment annoncé qu'elle allait se doter à la rentrée d'une "veille" sur le respect du pluralisme sur les quatre chaînes info de la TNT (BFMTV, CNews, LCI, franceinfo), avec la campagne présidentielle de 2027 en ligne de mire.
C.F.Salvi--BD