Le président américain, Donald Trump, a déclaré samedi que les États-Unis avaient anéanti une grande partie des capacités nucléaires iraniennes mais qu'ils devaient encore "s'occuper" d'un ou deux sites, alors que Téhéran a menacé de contre-attaquer en cas de nouvelles frappes.
La guerre avait été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington. Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.
Mais la fragile entente a volé en éclats cet été, avec au coeur du conflit le détroit d'Ormuz. L'Iran, qui revendique le contrôle de cette voie maritime cruciale pour le transport mondial d'hydrocarbures, y cible régulièrement des navires s'y aventurant sans son autorisation.
Samedi, M. Trump a déclaré qu'il fallait "s'occuper" du mont Kolang, appelé "Pickaxe Mountain" en anglais ("Kolang" signifie "pioche" en persan), situé à environ 200 km au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz.
"Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d'un ou deux sites, mais nous pouvons faire ça en dix minutes (...). Vous pourriez probablement regarder du côté de Pickaxe Mountain, et il faut s'en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement" ", a-t-il déclaré à des journalistes dans sa résidence en Floride.
Des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.
- "Opportunité unique" -
M. Netanyahu a lui évoqué cette semaine "une opportunité historique unique" pour Israël avec le président américain d'"éliminer définitivement la menace existentielle" de l'Iran, ennemi juré d'Israël.
Plus tôt samedi, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait déclaré depuis Atlanta où se tient le G20 que M. Trump n'avait pris "aucune décision", tout en ajoutant qu'il privilégiait une "solution diplomatique".
Auparavant, l'ayatollah Mojtaba Khamenei avait averti "d'une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique" en cas de nouvelles frappes.
"Si les ennemis lancent à nouveau des attaques militaires ou terroristes, ce sont les forces armées de la République islamique et le peuple iranien qui détermineront le moment et les conditions de leur fin", a souligné dans un communiqué écrit le guide suprême, resté invisible depuis sa nomination début mars.
Il a aussi ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles pour y inclure "tous les types d'actifs matériels et immatériels appartenant à l'ennemi américano-sioniste".
L'Iran a déjà menacé de s'en prendre aux centres de données et systèmes d'intelligence artificielle, tout comme aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d'Ormuz.
Alors que des tractations sont en cours sous l'égide du médiateur qatari, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dit "ne pas voir la nécessité d'une rencontre avec les Américains".
"Si les États-Unis acceptent les conditions de l'Iran, alors Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes", a ajouté le ministre, dans des propos sur la chaîne Al Jazeera rapportés par l'agence officielle Irna.
- "On attend la guerre" -
Dans les rues de Téhéran, la possible reprise d'une guerre d'ampleur est dans toutes les têtes.
"Malheureusement nous sommes un peuple qui, d'une certaine manière, attend la guerre, tout simplement parce que nous vivons dans l'entre-deux depuis un an", témoigne pour l'AFP Farima, 62 ans.
Ebrahim, lui, n'est pas inquiet : "nous ne craignons pas une autre guerre, cela fait 48 ans que nous sommes en guerre", lance ce vendeur quadragénaire, en référence à l'avènement de la République islamique en 1979.
Le détroit d'Ormuz est au cœur du conflit. Samedi encore, un pétrolier "a pris feu après avoir heurté des mines", a affirmé l'armée, citée par la télévision d'Etat, Washington assurant de son côté avoir en grande partie déminé la zone.
P.Mueller--BD