Les dirigeants communistes cubains se réunissent pour impulser des réformes économiques / Photo: ADALBERTO ROQUE - AFP/Archives
Les plus hauts représentants du Parti communiste de Cuba ont prévu de se réunir ce mercredi pour discuter de réformes destinées à relancer l'économie de l'île, en crise face au dévastateur blocus américain.
Le comité central du Parti communiste cubain a convoqué une session plénière extraordinaire pour examiner une vingtaine de projets visant à ouvrir davantage de secteurs à l'investissement privé, à attirer plus de capitaux provenant de Cubains résidant à l'étranger et à réduire la taille de l'Etat.
Ces réformes pourraient être approuvées par l'Assemblée nationale dès jeudi, soit moins d'une semaine après leur annonce par le président Miguel Diaz-Canel.
Rien n'assure toutefois qu'elles satisfassent le président américain Donald Trump, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime sur l'île située à environ 150 kilomètres des côtes de la Floride.
Le blocus pétrolier imposé par M. Trump en janvier a poussé l'économie cubaine, déjà affaiblie, au bord de l'effondrement, provoquant des coupures de courant généralisées pouvant durer plus d'une journée, ainsi que des pénuries de nourriture, de carburant, d'eau potable et de médicaments.
Washington a également décrété récemment plusieurs vagues de sanctions visant l'économie cubaine, aggravant la crise économique, sociale et énergétique que traverse depuis plusieurs années La Havane, sous embargo américain depuis 1962.
Le gouvernement cubain, qui mène des discussions avec Washington, a affirmé que ces réformes doivent permettre d'atténuer la crise. Le président Diaz-Canel a indiqué vendredi que la gamme d'activités ouvertes au secteur privé serait "la plus large possible".
Les entreprises privées, jusqu'à 100 salariés, sont autorisées sur l'île communiste depuis 2021. Quelque 10.000 entreprises occupent une place croissante dans le tissu économique cubain.
Le président cubain a également annoncé que les Cubains, qu'ils vivent sur l'île ou à l'étranger, bénéficieraient des mêmes conditions que les investisseurs étrangers, dont plusieurs se sont récemment désengagés du pays par crainte de sanctions américaines.
Il a également annoncé "une restructuration de l'appareil d'Etat", avec une réduction de nombre de ministères et de fonctionnaires.
Cependant, certaines des réformes annoncées reprennent des propositions antérieures, comme l'octroi d'une plus grande autonomie aux entreprises publiques, qui représentent environ 80% de l'activité économique.
"J'accueille favorablement tout changement qui contribue à ranimer le patient mourant", a déclaré à l'AFP le propriétaire d'un petit supermarché privé à La Havane, qui a demandé à garder l'anonymat, dans une allusion à l'économie cubaine.
X.Badami--BD