Climat: l'Europe sous-investit dans l'éolien et la rénovation des bâtiments, selon une étude / Photo: ERIC LALMAND - BELGA/AFP/Archives
L'Union européenne investit trop peu dans l'énergie éolienne et dans la rénovation thermique des bâtiments, estime une étude publiée vendredi, qui pointe la stagnation des dépenses climatiques en Europe.
"L'élan s'est essoufflé": après une forte hausse en 2022, suite à la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine, les investissements dans les énergies propres ont stagné ces dernières années, déplore l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE).
Selon son rapport, les investissements dans la transition vers une économie bas carbone ont atteint 534 milliards d'euros en 2025, un chiffre bien inférieur aux 878 milliards d'euros qui seraient nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de l'UE en 2030.
L'éolien, les réseaux électriques et la rénovation des bâtiments restent sous-financés, tandis que le solaire, le stockage par batteries et les bornes de recharge sont sur la bonne voie.
Globalement, les investissements dans les énergies renouvelables et nucléaires ont diminué de 9 % par rapport à 2024, poursuivant une tendance à la baisse, à cause de la lenteur des procédures d'autorisation, la capacité limitée du réseau et une croissance de la demande d'électricité plus lente que prévu.
Les investissements dans la rénovation des bâtiments ont également reculé de 5 % en 2025, en raison de la diminution de certains programmes de soutien public, notamment dans le secteur résidentiel.
Parmi les "bonnes surprises",les investissements dans les véhicules électriques ont repris dès 2025, avant même les effets de la guerre au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d'Ormuz depuis fin février.
C'est notamment le cas en Allemagne, un pays pourtant très attaché aux moteurs thermiques, souligne Clara Calipel, l'une des autrices du rapport.
Dans l'ensemble, "on constate que les programmes de subventions publiques" en faveur des véhicules électriques "ont un impact considérable sur les investissements", insiste-t-elle.
L'Institut, présidé par l'économiste Jean Pisani-Ferry, réclame davantage de planification et de stabilité réglementaire dans l'UE.
Clara Calipel critique ainsi les changements de pied de Bruxelles ces derniers mois avec une série d'assouplissements des règles environnementales, notamment pour les normes de CO2 dans l'automobile.
"Cela envoie de très mauvais signaux aux investisseurs, en particulier dans le secteur de la fabrication de batteries", considère-t-elle.
La Commission européenne a proposé en décembre de renoncer à l'interdiction à la vente des voitures thermiques neuves en 2035, pour offrir davantage de flexibilité à l'industrie.
A la place, les constructeurs devront réduire de 90% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021, et compenser les 10% d'émissions restantes.
D.Jayaraman--BD