UE: les grandes économies veulent accélérer l'intégration des marchés financiers / Photo: Tobias SCHWARZ - AFP
Les ministres des Finances des six plus grandes économies de l'Union européenne se sont engagés jeudi à mettre de côté leurs divergences et à accélérer l'intégration de leurs marchés financiers dans leurs efforts pour rattraper les États-Unis et la Chine.
Face au projet de Bruxelles visant à mieux orienter l'épargne vers l'investissement en direction des entreprises, "l'Europe progresse à un rythme d'escargot", a déploré le vice-chancelier allemand et ministre des Finances Lars Klingbeil à l'occasion d'un sommet à Berlin regroupant ses homologues de France, d'Italie, des Pays-Bas, de Pologne et d'Espagne.
Le cadre législatif destiné à réformer les marchés financiers de l'UE, lancé par la Commission européenne fin 2025, demeure un "instrument stratégique pour renforcer la compétitivité" et la "souveraineté européenne", a-t-il ajouté.
Le projet a pris son élan il y dix ans mais est resté bloqué faute d'accord entre les différents Etats membres.
"Je suis fermement convaincu que nous avons besoin de compromis", a ajouté M. Klingbeil, appelant à ce que "chaque nation ne campe pas sur ses 100%" mais que tous les pays soient "capables de construire des ponts".
Il a dit souhaiter que ce paquet législatif soit adopté par le Conseil et le Parlement européen au cours de l'année 2026.
Un premier pas vers la création d'un marché des capitaux européen unifié doit consister à renforcer les pouvoirs de l'autorité européenne des marchés financiers (Esma), au détriment des régulateurs nationaux.
Mais cette mesure fait débat au sein de l'Union européenne, l'Irlande et le Luxembourg ayant émis des réserves car ils craignent un impact négatif sur le secteur des services financiers, d'importance cruciale pour leur croissance.
Le ministre polonais de l'Economie et des Finances, Andrzej Domanski, a adopté une position intermédiaire en disant "souhaiter davantage de compétences pour l'Esma" tout en "préservant les compétences de la supervision nationale".
Il a par ailleurs déploré la perte d'attractivité des places financières européennes, jugeant "honteux que tant d'entreprises européennes choisissent d'être cotées à New York plutôt qu'à Francfort, Paris ou Varsovie".
"Nous devons nous assurer que le capital européen cesse de s'envoler partout ailleurs et reste en Europe pour financer des solutions européennes aux problèmes mondiaux auxquels nous sommes confrontés", a jugé le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure.
Selon lui, l'union des marchés de capitaux doit permettre de renforcer les investissements dans des domaines clés comme la "défense", "l'intelligence artificielle", le "calcul quantique" ou la "transition énergétique".
G.Luthra--BD