L'or a dépassé lundi pour la première fois la barre des 5.000 dollars, jouant son rôle de valeur refuge face aux incertitudes suscitées par la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis, tandis que les marchés boursiers restent prudents avant une semaine riche en événements.
Le métal jaune s'est hissé lundi à un nouveau record, à 5.111,07 dollars l'once (31,1 g) dépassant pour la première fois le cap symbolique des 5.000 dollars. Vers 08H30 GMT, il était à 5.097,04 dollars l'once.
Valeur refuge par excellence, l'or progresse sans discontinuer depuis deux ans: l'once valait un peu plus de 2.000 dollars en janvier 2024.
Elle est stimulée par les revirements fréquents de Donald Trump qui créent un climat d'incertitude aux Etats-Unis, détournant les investisseurs et les banques centrales du dollar et des obligations d'Etat, habituellement considérés comme des valeurs refuges.
Sa progression récente a d'ailleurs été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s'emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d'opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir "conçu le cadre d'un futur accord".
Plus généralement, "la dépréciation des devises et l'augmentation du niveau d'endettement" des Etats, "se traduisent par une soif insatiable" d'"actifs tangibles", estime Neil Wilson, de Saxo Markets.
Côté marchés boursiers, l'heure est à la prudence lundi, à l'orée d'une semaine à l'agenda chargé. En Europe, vers 08H30 GMT, Paris reculait de 0,20%, Francfort était stable (-0,01%) et Londres grappillait 0,15%. Milan prenait 0,21%.
"Les investisseurs restent prudents à l'approche de la réunion de la Réserve fédérale", qui aura lieu mardi et mercredi, relève John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Cette réunion se tiendra dans un contexte tendu, le président de l'institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l'existence d'une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d'intimidation de la Fed par l'exécutif.
Donald Trump réclame depuis plusieurs mois davantage de baisses des taux de la part de l'institution financière, et la pression s'intensifie à l'approche des élections de mi-mandat à l'automne.
Autre point d'attention des marchés cette semaine: la saison des résultats qui bat son plein.
Aux Etats-Unis, plusieurs poids lourds de la tech seront sous le feu des projecteurs, avec les résultats du quatrième trimestre de Meta et de Microsoft mercredi et d'Apple jeudi.
Les investisseurs gardent aussi un oeil sur la situation géopolitique.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé qu'il imposerait des "droits de douane à 100%" sur les importations canadiennes aux Etats-Unis en cas d'accord commercial entre le Canada et la Chine.
En Asie, Hong Kong (-0,06%) et Shanghai (-0,09%) évoluaient sans mouvement dans les derniers échanges.
Le yen bondit
Le yen flambe, prenant 1,04% à 182,58 yens pour un dollar.
La monnaie nippone a été portée lundi par des informations relayées par l'agence de presse Bloomberg, selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une intervention de Tokyo pour faire apprécier sa valeur, en chute libre ces dernières semaines.
"Si la Fed intervient, c'est que c'est du sérieux", estime Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Vendredi, le yen avait déjà été poussé par les déclarations de la ministre des Finances japonaise, Satsuki Katayama, qui n'avait pas écarté l'option d'intervenir pour soutenir sa monnaie, qui a perdu près de 6% face au dollar au cours des six derniers mois et évolue proche de ses plus bas niveaux depuis 2024.
Dans ce contexte, la Bourse de Tokyo a perdu 1,79%.
Fnac Darty flambe, OPA en vue
Le titre du groupe français de distribution Fnac Darty bondissait de 17,19% à 35,45 euros sur la Bourse de Paris lundi, après le lancement d'une offre publique d'achat (OPA) par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky vendredi au prix de 36 euros par action.
W.Atwal--BD