Des nouveaux visages en compétition, une Palme d'or d'honneur pour le réalisateur du "Seigneur des anneaux" et des stars américaines sur les marches malgré l'absence des studios : voici ce qu'il ne faudra pas manquer du 79e festival de Cannes, qui s'ouvre mardi.
- Peter Jackson récompensé
Jamais sélectionné par le festival de Cannes, le réalisateur et producteur néo-zélandais Peter Jackson va recevoir à 64 ans une distinction tardive mais prestigieuse pour saluer l'ensemble de sa carrière.
Cette Palme d'or d'honneur vient récompenser l'un des cinéastes les plus populaires de l'histoire, dont les succès au box-office le rapprochent de géants comme James Cameron ou Steven Spielberg.
Ses deux trilogies sur "Le Seigneur des anneaux" et "Le Hobbit", adaptées de l'œuvre de J.R.R. Tolkien, l'ont installé comme un réalisateur de la démesure. Il avait dévoilé à Cannes, en 2001, les premières images du "Seigneur des anneaux: la communauté de l'anneau", moment fondateur de la passion mondiale autour de la trilogie.
"Recevoir la Palme d'or d'honneur à Cannes sera l'un des plus grands moments de ma carrière", s'est ému le réalisateur.
Autre légende du cinéma, mais surtout de la musique, Barbra Streisand, 84 ans, recevra le même honneur lors de la cérémonie de clôture le 23 mai.
- Nouveaux visages
Parfois brocardé en raison d'un favoritisme supposé, le festival de Cannes a cette année sélectionné 11 réalisatrices et réalisateurs jamais apparus en compétition, sur les 22 films choisis.
Les Espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi, sélectionnés avec "La Bola Negra", qui porte sur le destin de trois gays en Espagne à trois époques différentes, n'étaient jamais apparus dans une section parallèle cannoise auparavant, une rareté.
Parmi les nouveaux venus pouvant prétendre à la Palme d'or figurent aussi de nombreux Français comme Arthur Harari, Jeanne Herry ou Charline Bourgeois-Tacquet.
Des pays n'ayant jamais eu de films sélectionnés à Cannes sont également au programme, tels que le Costa Rica avec "Ton animal maternel" (Un certain regard), le Yémen avec "The Station" et le Kosovo avec "Dua", ces deux derniers sélectionnés à la Semaine de la critique.
- Passion pour la Seconde Guerre mondiale
Cette année, plusieurs films français revisitent la Seconde Guerre mondiale, à commencer par le biopic sur le général De Gaulle, réalisé par l'ancien diplomate Antonin Baudry.
La première partie de ce diptyque sera présentée hors compétition. Pathé, la société derrière les plus gros blockbusters hexagonaux ces dernières années ("Le comte de Monte Cristo", "Les Trois Mousquetaires"), est à la production avec un budget d'environ 37 millions d'euros pour chacun des films.
Deux longs-métrages prétendant à la Palme d'or reviennent aussi sur cette période. D'abord "Moulin", de Laszlo Nemes, sur la vie de Jean Moulin avec Gilles Lellouche dans le rôle du chef de la Résistance.
"Notre salut", d'Emmanuel Marre, raconte le destin d'un homme tentant de se faire une place dans les rouages du régime collaborationniste de Vichy.
Après "Les Rayons et les ombres", sorti en mars sur la vie du journaliste collabo Jean Luchaire, il s'agit du deuxième film revenant sur cet aspect de l'Histoire de France peu porté à l'écran.
- Des stars américaines, sans les studios
Pas de Steven Spielberg ni de Christopher Nolan sur la Croisette, dont les films et leurs cortèges de stars sont parmi les plus attendus de l'année.
Les studios américains ont décidé de snober Cannes, comme cela devient une habitude pour tous les festivals de cinéma depuis le fiasco de "Joker: folie à deux", assassiné par la critique lors de la Mostra de Venise en 2024.
Pas de déferlement hollywoodien, mais des stars seront bien présentes avec John Travolta, qui présentera son premier film en tant que réalisateur, ou encore Adam Driver et Scarlett Johansson, à l'affiche de "Paper Tiger", pour la sixième apparition en compétition du réalisateur James Gray.
Rami Malek, Woody Harrelson et Kristen Stewart seront également de la partie.
L.Panchal--BD