Les autorités indonésiennes ont suspendu dimanche les activités dans six aéroports, dont l'aéroport international de Jakarta, après l'éruption du volcan Anak Krakatoa, situé à plus de 150 kilomètres de la capitale, a annoncé le ministre des Transports.
En plus de l'aéroport Soekarno-Hatta de Jakarta et de trois autres situés aussi dans la capitale, les aéroports internationaux de Bandung et de Radin, situé près de Bandar Kampung à Sumatra, ont été fermés, a indiqué Dudy Purwagandhi durant une conférence de presse.
Peu après, l'aéroport international de Jakarta a annoncé prolonger la suspension des vols jusqu'à 17h30 (10h30 GMT) alors que plus de 200 vols et 20.000 passagers ont déjà été affectés.
Des tests ont indiqué "la dispersion de cendres volcaniques dans la zone de l'aéroport international Soekarno-Hatta" conduisant à "la fermeture de l'aéroport", a déclaré dimanche matin le ministère des Transports dans un communiqué.
Le volcan Anak Krakatoa, qui signifie "enfant du Krakatoa", est entré en éruption samedi, avec une coulée de lave et des détonations audibles jusqu'à 700 kilomètres, a indiqué l'agence de volcanologie dans un communiqué, précisant que deux nouvelles éruptions ont été enregistrées dimanche.
Les cendres, dangereuses pour les moteurs des avions, se sont propagées dans l'espace aérien de l'aéroport international Soekarno-Hatta, poussant les autorités à suspendre les opérations dimanche à partir de 01H30 (18H30 GMT).
La suspension a affecté 209 mouvements d'avions et a concerné plus de 22.000 passagers, a ajouté le ministère, précisant que la liaison internationale la plus touchée est celle reliant Singapour.
- 16 vols internationaux annulés -
Seize vols internationaux ont été annulés, sept autres retardés et cinq reprogrammés, a encore indiqué le ministère, précisant que les liaisons concernées incluaient Doha, Sydney et Kuala Lumpur.
Henny Yensan, 44 ans, qui espérait retourner dans sa ville natale de Bengkulu (Sumatra) mais se retrouvait bloquée à Jakarta, a déclaré que "tout le monde était déçu".
"Personne ne s'est mis en colère, car, après tout, c'est dû à une catastrophe naturelle", a déclaré à l'AFP cette femme d'affaires, qui a dû reporter son vol à mardi.
Laurent Panelli, cadre français de 43 ans pour l'entreprise de textile belge Bekaert Deslee, qui vit à Jakarta, devait se rendre à Shanghai (Chine) via Hong Kong, sur un vol Cathay Pacific programmé dimanche à 8h00.
"Je suis rentré plus tôt de mon dîner samedi soir, pour pouvoir me lever à 5h00. Mon agente m'a alors appelé pour me dire que mon vol était annulé", a raconté à l'AFP M. Pannelli qui doit assister à un salon professionnel à Shanghai.
"Je suis reprogrammé sur un vol la nuit prochaine à 2h15, via Séoul, qui pour le moment est maintenu", a-t-il ajouté.
Les perturbations affectent également l'aéroport de Lombok mais aussi celui de Bali et seize vols intérieurs à destination et en provenance de "l'île des Dieux" ont été annulés.
Samuel Guiberteau, cadre chez Danone, en déplacement professionnel à Lombok, devait rentrer à Jakarta dimanche sur un vol de la compagnie Pelita programmé à 17h10 et qui a été annulé.
"J'avais trouvé un autre vol sur Citilink mais il aussi été annulé", a dit à l'AFP par téléphone ce Français de 47 ans qui réside dans la capitale indonésienne et va passer la nuit à Lombok.
Situé dans le détroit séparant les îles de Java et de Sumatra, le volcan Anak Krakatoa connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier, au sein de la caldeira formée à la suite de l'éruption du Krakatoa en 1883.
Cette catastrophe a été l'une des plus meurtrières et des plus destructrices de l'histoire, avec un bilan estimé à 35.000 morts.
Les navires traversant le détroit doivent "redoubler de vigilance" face aux perturbations potentielles de la navigation, a souligné l'autorité portuaire locale.
Il est par ailleurs interdit aux bateaux de pénétrer dans une zone d'un rayon de 3 kilomètres autour du volcan.
L'activité du volcan pourrait s'intensifier, car les instruments de surveillance continuent d'enregistrer des secousses témoignant d'un déplacement de lave à l'intérieur de l'édifice volcanique, a indiqué Lana Saria, à la tête de l'agence de géologie.
"L'activité sismique indique le mouvement ou la libération de fluides volcaniques au sein du système volcanique. Toutefois, le moment, l'ampleur et la nature de la prochaine éruption ne peuvent être prédits avec précision", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse.
L'Indonésie, vaste archipel d'Asie du Sud-Est, est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre de plaques continentales engendre une intense activité volcanique et sismique.
D.Wason--BD