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Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président français Emmanuel Macron ont affiché mercredi à Madrid un front commun en faveur d'un budget de l'Union européenne "ambitieux", alors que les négociations s'annoncent ardues avec plusieurs pays, dont l'Allemagne.
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"Nous soutenons une approche ambitieuse en matière d'investissement et nous soutenons aussi une approche ambitieuse en termes de budget européen", a dit le dirigeant français lors d'une conférence de presse commune au palais de la Moncloa, au second jour de sa visite d’État en Espagne.
Selon Emmanuel Macron, "le budget européen a besoin de plus de ressources propres", afin "d'avoir un budget plus important sans augmenter les contributions nationales".
Il a appelé à être "innovant" en étalant le remboursement de la dette contractée au niveau européen au moment du Covid, une proposition déjà émise avant l'été.
"Est-ce qu'il faut s'empresser de le rembourser maintenant? Est-ce qu'on peut, est-ce qu'on ne peut pas en prolonger les maturités?", a-t-il demandé.
"L'ambition de ce budget est la clé pour répondre à ce qui est le principal facteur explicatif du problème européen aujourd'hui, son manque d'innovation", a insisté le président français, prévenant que ne pas investir massivement ensemble dans l'innovation risque de mettre hors "course" les Européens.
A ses côtés, Pedro Sanchez a dit "partager" la "vision selon laquelle les budgets européens doivent être bien plus ambitieux que ce qui est actuellement prévu".
Il a aussi affirmé que la France et l'Espagne formaient une "résistance européenne face aux ennemis de notre continent et du modèle européen", dénonçant les "courants réactionnaires" qui "souhaitent que l'Europe soit divisée".
Les deux dirigeants ont dit avoir longuement discuté en revanche du rapport des Vingt-Sept à la Chine, Emmanuel Macron portant un discours plus offensif et Pedro Sanchez plus ouvert face à Pékin.
Le déficit commercial avec la Chine "n’est pas acceptable", a plaidé l'Espagnol, qui veut favoriser les investissements chinois notamment dans l'automobile en Espagne. Il a dit viser la "réindustrialisation de notre continent".
Le président français avait, quant à lui, dans un discours mercredi matin en ouverture d'un forum économique entre les entreprises des deux pays voisins, alerté sur une "attaque chinoise" en matière d'innovation et de concurrence commerciale qui "est en train de s'accélérer".
"Il faut pour ça innover, simplifier, financer, mais aussi protéger. Cette protection, il faut l'accélérer", a martelé Emmanuel Macron.
Lors de la conférence de presse, il a assuré avoir trouvé une convergence avec Pedro Sanchez "sur l'idée de dire qu'il faut protéger nos acteurs européens" sans "rentrer en guerre commerciale" avec la Chine.
Ils ont tous deux insisté sur la nécessité que Pékin accepte des "transferts de technologie" vers l'Europe.