Le pape Léon XIV est arrivé lundi matin à Metz, où il compte donner une tonalité européenne au quatrième - et dernier - jour de sa visite en France, en présence d'Emmanuel Macron, qui assistera finalement à la messe.
Après un vol en partie escorté par deux Rafale de l’armée de l’air, le pape américain est arrivé peu après 09H00 à l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, où il a été accueilli sur le tarmac par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Le président français fait le déplacement en Moselle pour cette journée et, après avoir "réorganisé son agenda", il sera à la messe dans l'après-midi, a indiqué la présidence tôt lundi matin, alors qu'il n'avait pas assisté à la messe géante samedi à Paris contrairement au Premier ministre Sébastien Lecornu et à de nombreuses personnalités politiques, du centre à l'extrême droite.
C'est sur les terres frontalières et marquées par les guerres, où repose le pieux Robert Schuman (1886-1963), l'un des pères de l'Europe en voie de béatification par l'Eglise catholique, que le pape américain va conclure son premier séjour hexagonal.
Léon XIV devrait y inviter l'Europe, en cette période de tensions géopolitiques, à retrouver les fondements de sa création pour ramener la paix sur le continent, dans un premier discours lors d'une rencontre interreligieuse, puis un second lors d'une rencontre sur la paix et les racines de l'Europe.
Le prince Albert II de Monaco, le Grand-Duc Guillaume de Luxembourg et Luc Frieden, Premier ministre du Luxembourg, notamment, assisteront à cette rencontre, sur invitation de l'Elysée, qui avait convié tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.
La journée sera aussi marquée par un dernier tour en papamobile au milieu de milliers de fidèles attendus et une messe à la cathédrale Saint-Etienne (16H00), joyau de l'art gothique.
- "Quelque chose a changé" -
A l'entrée du centre de congrès Robert Schuman, Florence Prieur, catholique de 45 ans, attend du pape une déclaration "en faveur de la paix, du dialogue entre les religions". "C'est son quatrième jour en France, et on voit qu'il y a quelque chose qui a changé dans l'atmosphère. On nous dit souvent qu'on est des râleurs et là, on voit davantage de bienveillance, de joie", a-t-elle estimé.
Tôt dans la matinée, des groupes investissaient la ville, se préparant à une longue attente. A un balcon, un homme était en train d'installer des drapeaux de la France et du Vatican. Plusieurs centaines de personnes étaient déjà rassemblées dans la matinée sur le parvis des droits de l'Homme sur lequel va arriver Léon XIV.
"Nous sommes arrivés à 7H30 et il y avait déjà du monde. J’espère qu’on pourra voir quelque chose ! C’est un événement tellement énorme pour nous: voir et écouter ce pape qui a un rôle tellement important à jouer pour promouvoir la paix", raconte à l'AFP Franck Rivoire, électricien suisse de 52 ans, dans les rues autour de la cathédrale, dont les accès sont bloqués.
- 1,3 million de fidèles -
Accueilli dans une immense ferveur sur les trois premiers jours de son voyage, à Paris puis Lourdes, Léon XIV a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité lors de son premier séjour en France, pays avec lequel il a rappelé ses liens à son arrivée.
Il a aussi lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l'essor de l'intelligence artificielle en se méfiant de l'avènement d'un "paradis de machines".
Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l'Eglise, sujet particulièrement brûlant en France cinq ans après le rapport qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950, le pontife américain a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à "poursuivre" leur action face au "fléau" des violences sexuelles "en maintenant la plus grande vigilance".
Lors d'une rencontre de deux heures à huis clos avec sept victimes, Léon XIV a fait preuve d'une "prise de conscience majeure" et reconnu le caractère "systémique" de ces violences, ont rapporté cinq d'entre elles lors d'une conférence de presse.
Deux mois après l'adoption en France d'une loi instaurant un droit à l'aide à mourir, le pape a également rappelé fortement l'opposition de l'Eglise à l'euthanasie, jugeant "impossible de considérer comme normal de donner la mort".
Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France: Léon XIV, 71 ans, a maintenu un rythme effréné et attiré d'immenses foules sur son passage, signe d'une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l'Eglise catholique. Au total, selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.
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R.Prakash--BD