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Pour répondre à ceux qui redoutent de "mettre la clé sous la porte", le gouvernement présente mardi de nouvelles aides aux Français les plus touchés par la flambée des prix des carburants, causée par les tensions internationales amenées à durer et sur fond de contexte budgétaire contraint.
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A la pompe, c'est l'inquiétude: "Est-ce que je vais pouvoir manger bien à la fin du mois ?", s'inquiète Sylvano Doré, responsable livraison, interrogé mardi dans une station-service de Bobigny, contraint de "mettre plus dans l'essence que dans la nourriture".
Dans les supermarchés, "le panier moyen baisse", observe sur France Inter Thierry Cotillard, président du groupement des Mousquetaires/Intermarché. Les clients viennent "plus souvent mais dépens(ent) moins".
Un nouveau dispositif doit notamment succéder au 1er octobre à l'aide de 100 euros aux "gros rouleurs", à laquelle seule la moitié des trois millions de Français éligibles ont eu recours. Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, plaide pour une aide "supplémentaire" pour ce public versée "automatiquement", voulant calmer la colère sociale à quelques mois de l'élection présidentielle.
"Nous proposerons (...) des mesures qui seront ciblées, responsables, mais qui n'oublient pas les professionnels de l'accès aux soins", a assuré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur RMC.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a en parallèle écrit à la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, pour proposer des mesures nécessitant l'aval européen: l'assouplissement des normes de qualité des carburants, afin d'améliorer la productivité des raffineries, incorporer davantage de biogazole pour les moteurs diesel ou encore reporter le plan méthane qui doit s'appliquer au 1er janvier.
Le chef de l'Etat sera interviewé jeudi à 20H00 par TF1 et France 2. Vendredi, il a réuni les chefs de parti ou candidats à la présidentielle, dressant un tableau durable de la menace "hybride" russe et de la crise énergétique.
Le prix du baril de Brent "est en train de redescendre et les acteurs économiques font le pari d'une amélioration", a déclaré Philippe Casbas, nouveau président du syndicat professionnel des pétroliers Ufip, sur Europe 1. Mais "pour qu'il descende réellement", et entraîne avec lui les prix à la pompe, il faurait qu'il y ait des signaux d'accalmie" au Moyen-Orient, a-t-il souligné.
Le prix du gazole s'établissait mardi à 2,41 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l'AFP des données publiques, un record. Ceux de l'essence SP98 à 2,27 euros et SP95-E10 à 2,17 euros.
- "Plan de sauvegarde" -
La colère sociale s'est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs.
Certains responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type "gilets jaunes", qui s'était cristallisé fin 2018 contre l'augmentation d'une taxe sur les carburants. Cette fois l'inflation tient à une guerre lointaine, insiste l'exécutif.
Pour dissiper tout soupçon d'effet d'aubaine fiscale pour le gouvernement, Sébastien Lecornu entend proposer aux parlementaires d'inscrire dans le budget 2027 une "règle d'or" établissant que les surplus éventuels de TVA générés par la hausse des prix des carburants soient "neutralisés" et "restitués" aux Français, a annoncé son entourage mardi.
- Prix du gaz -
L'exécutif insiste aussi sur les problèmes d'approvisionnements à venir, exposant les dépendances de la France aux énergies fossiles importées.
Même si "pour les deux mois qui viennent, on n'a pas d'inquiétudes", a assuré M. Lescure, il manque aujourd'hui "10 millions de barils (de pétrole) par jour" sur le marché mondial, a pointé Mme Bregeon, dans un monde qui en consomme plus de 105 millions quotidiennement.
Les risques porteraient sur le kérosène utilisé par les compagnies aériennes, et surtout le gazole, très consommé en France.
L'Etat va d'ailleurs autoriser à titre exceptionnel les distributeurs à vendre du gazole de qualité été - non adapté aux températures négatives - jusqu'au 15 novembre au lieu du 1er novembre.
Côté gaz, si l'approvisionnement pour l'hiver est en passe d'être assuré en France, la hausse du prix de référence de 6,3% le 1er octobre (après +5,6% en août) se ressentira sur les factures quand les chauffages au gaz reprendront du service.