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Le président Volodymyr Zelensky a dit mardi tabler sur une reprise dès septembre des pourparlers entre Moscou, Kiev et Washington pour trouver une issue à la guerre en Ukraine, au moment où la Russie a repris ses frappes massives après une pause de trois jours.
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Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s'étaient rendus ce week-end d'abord à Moscou, puis pour la première fois à Kiev pour relancer un processus diplomatique au point mort depuis février, plus de quatre ans après le début de l'invasion russe.
Malgré la reprise des bombardements, M. Zelensky s'est montré positif, indiquant que les émissaires du président Donald Trump avaient proposé de nouvelles idées qui sont "tout à fait bonnes et méritent d’être prises en considération".
Sans détailler ces nouvelles propositions, le président ukrainien a annoncé que Kiev allait se préparer à "faciliter la tenue d'une réunion trilatérale entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis" cet automne et "peut-être dès le mois de septembre".
Lundi, le Kremlin avait annoncé "ne pas exclure" une reprise des pourparlers tripartites mais estimé qu'il était "encore trop tôt pour parler du lieu et des dates précis".
L'Ukraine craint une poursuite des hostilités pendant l'hiver, période critique pendant laquelle la Russie a les moyens de frapper durement, comme en 2025, le réseau énergétique du pays.
- "Les enfants pleuraient" -
L'armée russe a d'ailleurs repris dans la nuit de lundi à mardi ses frappes sur la capitale ukrainienne après une trêve de trois jours liée à la visite des émissaires américains.
De fortes explosions ont été entendues tôt mardi dans la capitale ukrainienne par des journalistes de l'AFP, qui ont vu des panaches de fumée ainsi que les lueurs d'un incendie.
Au moins trois personnes ont été tuées et 16 blessées dans cette attaque qui a impliqué au moins 166 drones et des dizaines de missiles, d'après les autorités ukrainiennes.
"C'était terrifiant, nous avons à peine réussi à courir jusqu'au parking, qui tremblait de partout", a témoigné auprès de l'AFP Nina Kimova, 55 ans, qui a vu sa voiture "complétement brûler".
"Les enfants pleuraient, et les animaux aussi. C'était très effrayant", ajoute-t-elle.
Oleksandre Tsvilikhovsky, 26 ans, a vu un entrepôt être frappé tout près de son immeuble. "J'aurais aimé que les Américains ne soient pas partis", lâche-t-il.
Selon le parquet de Kiev, au moins 14 immeubles résidentiels, une école, une clinique, 25 voitures, un supermarché et des entrepôts logistiques ont été touchés.
Le ministère russe de la Défense a, lui, affirmé avoir frappé des usines de fabrication de composants de drones et de missiles, des dépôts de munitions et des entrepôts militaires.
L'Ukraine ne communique quasiment jamais sur les dégâts infligés aux installations militaires.
- "Désescalade" -
"Dès le départ des émissaires de paix du président américain, (Vladimir) Poutine a lancé une nouvelle attaque massive et horrible contre Kiev", s'est indigné sur X le chef de la diplomatie ukrainienne."Ses missiles balistiques en disent plus long que ses discours sur la diplomatie", a relevé Andriï Sybiga.
Volodymyr Zelensky a lui réitéré ses appels aux Occidentaux à lui fournir davantage de moyens de défense antimissile. Il a indiqué vouloir rencontrer M. Trump après le 20 septembre pour évoquer ce sujet.
A cet égard, le Royaume-Uni a annoncé avoir débloqué 100 millions de livres (environ 116 millions d'euros) pour la défense antiaérienne ukrainienne, y compris pour les précieux missiles Patriot.
En dépit des "très bons résultats contre les missiles de croisière, les missiles balistiques restent particulièrement difficiles à intercepter", a souligné le président ukrainien.
La Russie et l'Ukraine sont engagées depuis des mois dans une nette escalade des frappes à longue portée qui visent des sites énergétiques, logistiques et portuaires, ainsi que des navires en mer Noire.
Selon Volodymyr Zelensky, cité par le média américain Axios, Vladimir Poutine a signalé aux émissaires américains être disposé à entamer des négociations en vue d'une "désescalade" cet hiver, qui pourrait se traduire par une suspension par les deux camps des frappes sur des secteurs stratégiques.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a cependant écarté mardi une proposition turque d'arrêter les attaques en mer Noire, estimant qu'une telle initiative serait "irréaliste" et "impossible à surveiller".