Carburants: pas de baisse "de sitôt" pour Leclerc, pas d'avancées à Bercy / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives
Le prix des carburants ne "baissera pas de sitôt", a estimé lundi le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, juste avant une nouvelle convocation des distributeurs à Bercy, qui n'a pas débouché sur des annonces concrètes.
La figure des centres Leclerc, invité en début de matinée sur Europe 1, table sur "au moins six mois, peut-être jusqu'à l'hiver prochain, de crise énergétique devant nous".
Lors d'une réunion où le ministre de l'Economie, Roland Lescure, et le ministre des PME Serge Papin ont reçu les distributeurs, "l'État a demandé la loyauté des pratiques et de la transparence dans les prix à la pompe", a indiqué Bercy.
"Il y a eu un rappel du gouvernement demandant à tous les distributeurs de manière très ferme, de répercuter plus rapidement" à la pompe les baisses de cours, a indiqué l'Union française des industries pétrolières (Ufip), qui estime que "les distributeurs jouent le jeu".
Les derniers chiffres de la direction générale de l'Energie et du Climat (DGEC), en date de vendredi, font apparaître, sur la semaine passée, de timides baisses, de sept centimes sur le litre de gazole à 2,24 euros, et de 1,2 centime sur le litre de Super sans plomb 95 E10, à 1,98 euro, selon l'Ufip.
"Les ministres ont demandé aux distributeurs de carburants un compte-rendu précis et objectif de l'évolution et du calcul de leurs marges qui devra être présenté dans les prochains jours", a indiqué Bercy, qui ajoute que "des entretiens bilatéraux sont organisés entre l'État et chacun des distributeurs d'ici jeudi", date à laquelle une nouvelle réunion se tiendra.
"On peut penser qu'ils ont, enseigne par enseigne, des marges, (...) et peut-être qu'ils ont vu des réseaux qui ne jouent pas le jeu", a estimé un participant à la réunion, pour qui des entretiens bilatéraux peuvent permettre de "s'expliquer face à face avec chacun des acteurs".
Mais la volatilité des cours du pétrole complique les choses: "ça ne baissera pas de sitôt et si ça baisse, ce que je souhaite, c'est que ce soit du sérieux parce que pour le moment c'est du yoyo", a déclaré Michel-Edouard Leclerc, alors que les prix du pétrole se sont à nouveau envolés lundi après le regain de tensions entre Washington et Téhéran.
De ce fait, le décret de plafonnement des marges, que le gouvernement menace de mettre en oeuvre, si les distributeurs ne jouent pas le jeu, n'est pas adapté, pour Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5.800 stations-service traditionnelles (hors grandes surfaces).
"Quelqu'un qui n'a pas été réapprovisionné" depuis la baisse des cours et a donc acheté cher sa matière première, "n'a pas les moyens" de répercuter la baisse à la pompe, a-t-il expliqué à l'AFP.
Si le décret devait sortir, il espère que la réunion de jeudi permettra de "trouver la meilleure solution pour que le prix de référence soit fidèle au marché".
"C'est impossible aujourd'hui même pour un opérationnel, pour un distributeur, pour un acheteur d'avoir un plan d'achat", a expliqué Michel-Edouard Leclerc, évoquant des "volatilités de 60 centimes quelquefois en une semaine sur un litre".
G.Vaidya--BD