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Le manifestant Erfan Soltani, érigé par Washington et les ONG comme le visage du vaste mouvement de contestation en Iran, a été relâché sous caution, a indiqué dimanche son avocat à l'AFP.
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Son sort avait inquiété mi-janvier les défenseurs des droits humains, s'alarmant de la répression à huis clos dans un pays alors privé d'internet et largement coupé du monde.
Sa libération intervient dans un climat fébrile, entre menaces d'intervention militaire américaine et tractations diplomatiques pour relancer les négociations sur le dossier nucléaire.
Prenant la parole pour la première fois en deux semaines, le guide suprême iranien Ali Khamenei a lancé une nouvelle mise en garde.
"Les Américains doivent savoir que s'ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale", a prévenu l'ayatollah Khamenei, alors que les Etats-Unis avaient brièvement bombardé l'Iran lors d'une guerre de 12 jours en juin déclenchée par Israël.
- Liste des morts publiée -
La République islamique a réagi en réprimant le mouvement dans le sang et en multipliant les arrestations. Parmi ceux interpellés, Erfan Soltani, âgé de 26 ans, l'avait été le 10 janvier, lors du pic des manifestations, lancées initialement contre le coût de la vie mais qui se sont transformées en mouvement de défiance envers les autorités.
Il a été libéré samedi, a déclaré son avocat Amir Mousakhani, ajoutant qu'une caution de l'équivalent d'environ 10.600 euros avait été versée.
Les Etats-Unis et des ONG avaient signalé un risque d'exécution d'Erfan Soltani, accusé de propagande contre le système islamique et d'atteinte à la sécurité nationale, selon la justice.
L'Iran avait cependant démenti qu'il encourait la peine de mort pour les faits qui lui étaient reprochés.
Selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42.000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. Elle a par ailleurs pu confirmer 6.713 morts, dont une majorité de manifestants.
Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen, écrit l'ONG.
Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des "terroristes". Une opération orchestrée selon Téhéran par les Etats-Unis et Israël.
La présidence a publié dimanche les noms de 2.986 personnes tuées pendant les troubles sur une liste de 3. 117 morts. Les 131 restants n'ont pas encore été identifiés, selon un communiqué.
- "Discussion possible" -
Depuis la vague de manifestations, Donald Trump fait planer la menace d'une nouvelle attaque contre la République islamique même si ces dernières heures, les deux ennemis ont semblé privilégier la voie diplomatique.
Dans une interview diffusée dimanche par CNN, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a souligné que des pays de la région servaient d'intermédiaires pour rétablir la confiance perdue en Washington.
Il a ainsi dit voir "la possibilité d'une (...) discussion si l'équipe de négociation américaine suit ce qu'a déclaré le président Trump: un accord juste et équitable pour garantir qu'il n'y ait pas d'armes nucléaires" détenues par Téhéran.
Donald Trump avait lui affirmé samedi que Téhéran conversait avec Washington, sans toutefois donner de précisions.
La République islamique est soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'elle dément.
- "Honte à l'Europe!" -
La situation s'était tendue ces derniers jours alors que les Etats-Unis ont déployé dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, et que les forces armées iraniennes se disent "en état d'alerte maximale".
La pression sur l'Iran vient aussi de l'Union européenne qui a inscrit sur la liste des "organisations terroristes" les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique accusée d'avoir orchestré la répression du mouvement de protestation.
En représailles, le Parlement iranien a déclaré dimanche comme "groupes terroristes" les armées européennes.
"Mort à l'Amérique!", "Mort à Israël!", "Honte à l'Europe", ont scandé dimanche les élus du Parlement iranien, jour du 47e anniversaire du retour d'exil en Iran de l'imam Khomeini, père fondateur de la République islamique.
Les "Pasdaran" ("gardiens" en persan), créés en 1979 par le guide suprême peu après la Révolution, sont considérés comme l'armée idéologique du pouvoir. Extrêmement organisée, cette force contrôle des pans entiers de l'économie iranienne.