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Israël a annoncé lundi son intention de maintenir des troupes dans le sud du Liban au delà du nouveau délai fixé dans l'accord de cessez-le-feu, malgré les tentatives des autorités libanaises de pousser à un retrait total.
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Entré en vigueur le 27 novembre, l'accord de cessez-le-feu a été conclu après deux mois de guerre ouverte entre Israël et le mouvement armé pro-iranien Hezbollah, lors de laquelle les troupes israéliennes ont pris des positions dans le sud du Liban, frontalier du nord d'Israël.
Selon les termes de l'accord, Israël était censé avoir achevé le 26 janvier son retrait du sud du Liban, où seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU devaient être déployés. Le Hezbollah devait lui y démanteler ses infrastructures et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne.
A la veille de ce nouveau délai, un porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a déclaré à Jérusalem que les troupes resteraient dans cinq positions dans le sud du Liban.
"Compte tenu de la situation actuelle, nous laisserons temporairement un petit nombre de soldats déployés sur cinq points stratégiques le long de la frontière libanaise, afin de pouvoir continuer à défendre nos habitants, et de manière à nous assurer qu'il n'y ait pas de menace immédiate", a-t-il dit.
"Il s'agit d'une mesure temporaire jusqu'à ce que les forces armées libanaises soient en mesure d'appliquer pleinement l'accord", selon lui.
Avant cette annonce, le président libanais Joseph Aoun, ancien chef de l'armée, a appelé les garants de l'accord de trêve, les Etats-Unis et la France notamment, à exercer des pressions sur Israël, disant craindre "qu'un retrait complet ne soit pas réalisé" mardi.
- "Affronte et désarme" -
"Je n'accepterai pas qu'un seul Israélien reste sur le sol libanais", a dit M. Aoun, ajoutant que la question du désarmement du Hezbollah ferait l'objet d'un "accord" entre Libanais.
"L'armée est responsable de la protection des frontières. Si elle fait défaut, nous en assumerons la responsabilité", a-t-il souligné.
Après un entretien dimanche à Jérusalem avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que "le Hezbollah doit être désarmé".
"Israël préférerait que l'armée libanaise s'en charge, mais personne ne doit douter qu'Israël fera ce qu'il a à faire pour que l'accord de cessez-le-feu soit respecté et pour défendre notre sécurité", a-t-il dit.
M. Rubio, qui a offert le soutien sans failles de son pays à M. Netanyahu, a indiqué que les Etats-Unis et Israël attendaient de l'Etat libanais qu'il "affronte et désarme le Hezbollah".
Puissant mouvement armé qui a dominé pendant des années la vie politique au Liban, le Hezbollah a été fondé et financé par l'Iran, ennemi juré d'Israël.
Au lendemain du lancement d'une offensive militaire israélienne à Gaza en riposte à une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front contre Israël, en tirant des roquettes en direction du territoire israélien depuis le sud du Liban, son fief.
Il avait dit agir "en soutien aux Palestiniens" et au Hamas, son allié. Les tirs transfrontaliers ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024.
Le Hezbollah en est sorti affaibli, sa direction largement décimée par Israël.
- "Démolition délibérée" -
Entretemps, Israël a poursuivi ses frappes au Liban, son armée affirmant avoir tué un commandant du Hamas accusé d'avoir "planifié des attaques terroristes".
Selon une source de sécurité libanaise, Mohammad Chahine, "responsable d'une unité militaire du Hamas", a été tué dans une frappe israélienne contre une voiture à Saïda (sud).
Un photographe de l'AFP a vu des soldats et des secouristes inspecter la carcasse de la voiture calcinée.
Dans les secteurs qu'elle contrôle dans le sud du pays, l'armée israélienne mène en outre quotidiennement des opérations de dynamitage de bâtiments, selon l'agence officielle libanaise Ani.
"La démolition délibérée par Israël des maisons et des infrastructures civiles" rend "impossible le retour de nombreux habitants" dans les zones frontalières, a indiqué Ramzi Kaiss, de Human Rights Watch.
Plus de 100.000 sont toujours déplacés, sur plus d'un million de personnes qui ont fui pendant la guerre.