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Une grande partie de la France retrouve dimanche des températures plus respirables après 11 jours d'une canicule historique qui laisse place à d'importants orages, mais hôpitaux et services de secours restent sous tension, faisant craindre une forte surmortalité.
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"Depuis le 24 juin, environ 1.000 décès supplémentaires" ont été observés par rapport aux mois précédents, avec en particulier une hausse de 40% des décès à domicile, a annoncé dimanche Santé publique France, prévenant que le bilan réel est voué à s'alourdir.
Une crainte partagée par Ian Brossat, sénateur PCF et conseiller à la mairie de Paris, qui a évoqué dimanche sur RMC des indicateurs "préoccupants, à la fois sur la saturation des hôpitaux, la saturation des services funéraires".
- "Impréparation" -
Un avis que réfute M. Brossat: "On devrait avoir l'humilité de reconnaître que dans un certain nombre de domaines, il y a une forme de faillite collective", a-t-il estimé.
La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a aussi dénoncé sur X dimanche "l'impréparation totale de nos gouvernants". "Dans les jours qui viennent, notre pays va compter ses morts et (re)découvrir que l'inaction climatique, la solitude et la précarité tuent. (...) Et certains devront en tirer les conséquences", a-t-elle averti.
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe a lui appelé, sur X, à aller plus "vite" et "plus loin" en matière d'adaptation au réchauffement climatique, et proposé une série de mesures allant d'un plan de climatisation à la reconquête des espaces de baignade.
Dimanche, la vigilance rouge ne concerne plus que l'Alsace, avec une levée prévue à 22H00. Au pic de l'épisode, jeudi, 72 départements étaient au niveau d'alerte maximal.
Un soulagement pour les millions de Français éprouvés par le tunnel de nuits tropicales, aux températures supérieures à 20°C.
Louise Stockmanns, une Strasbourgeoise de 73 ans, se déclare "épuisée". Cette canicule elle l’a "très mal" vécu : "J’ai suffoqué", "j’étais à la maison, enfermée", raconte-t-elle à l'AFP.
"L'air le plus chaud" se décalant "vers l'est du pays", selon Météo-France, lundi, l'Ile-de-France, l'Alsace, dix départements de l'Est/Sud-Est et la Corse resteront en alerte orange, tandis que la moitié ouest du pays devrait repasser en vigilance verte.
- Orages et grêle -
Dimanche, la chaleur persiste de l' Alsace au Rhône-Alpes avec 35°C à 39°C attendus selon la Chaîne Météo. Tout comme en Europe: au moins 191 millions d'habitants du continent, notamment en Allemagne, Pologne, Hongrie et en République tchèque, devraient encore connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée, selon les calculs de l'AFP.
Et parfois la chaleur laisse la place aux orages, qui perdureront au moins jusque dans la nuit.
Dans l'Aisne, la foudre a provoqué plusieurs incendies, dont un à Laon où cinq personnes ont été légèrement blessées.
Sur le plan national, Enedis comptait dimanche à 07H00 63.000 clients privés d’électricité en raison des orages, principalement dans le Nord (24.000), l’Aisne (28.000), les Yvelines (4.000) et l’Indre et Loire (1.700).
Cet épisode caniculaire, phénomène intensifié par le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossilesdépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", a souligné samedi Météo-France.
Ce dernier avait causé quelque 15.000 morts, mettant en évidence l'inadaptation de nombreux établissements hospitaliers et Ehpad.
"Même si la canicule est comparable d'un point de vue météorologique à celle de 2003, on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", en particulier, on n'aura "probablement pas la même surmortalité", a estimé dimanche la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur BFMTV.
Malgré tout, les effets sanitaires de cette canicule "restent devant nous", ont prévenu samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Les cas de "déshydratations", "décompensations" de maladies chroniques et les "hospitalisations différées" vont rester à un niveau élevé pendant plusieurs jours, a averti Matignon.
L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évoqué une activité des urgences "exceptionnellement élevée" depuis la fin de la semaine, avec samedi avec un "nombre toujours élevé d'arrêts cardiaques".
Dans les funérariums, on constate "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF).
Toutefois, "il est un peu tôt pour parler de solutions de gestion de crise avec des conditions telles que Rungis pour la canicule de 2003", qui avait fortement marqué les esprits, a-t-il ajouté.