Le ministre de l'Education Edouard Geffray doit présenter au 20h00 de TF1 des "premières mesures concrètes pour les lycéens", de nouveau mobilisés jeudi et qui sont d'ores et déjà appelés à une nouvelle journée d'action mardi 13 octobre.
En déplacement à Reims en matinée, le ministre avait promis la présentation d'un "plan d'urgence" sur les remplacements d'ici "quelques heures ou quelques jours".
Si la mobilisation était moins importante dans les rues ce jeudi que mardi, lors de l'acte III, les revendications demeurent.
Et les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées saisissantes, en particulier à Paris, place de la Bastille, où plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées.
Les slogans "Plus de masters, moins de poulets" ou encore "35°C dans les classes, mais le problème c'est le portable" se sont faits entendre, tandis qu'une grande banderole "GenZ en colère" a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de juillet au centre de la place.
Bally Bagayoko, maire LFI de St Denis, y a été accueilli au son de "Bally, Bally, Bally". Et, sur X, Jean-Luc Mélenchon n'a pas manqué de saluer la "démonstration puissante de la jeunesse": "la Bastille est reprise", a-t-il écrit.
En fin de rassemblement, des incidents ont éclaté avec des jets de pavé et de mortiers sur les policiers qui ont répliqué au canon à eau. La préfecture de police a évoqué un groupe d'une vingtaine de "black blocs" jetant du mobilier urbain sur les forces de l'ordre. Les charges et les tirs de gaz lacrymogènes ont été nombreux, avec également des interpellations dont un jeune,visage et vêtements ensanglantés, a constaté l'AFP.
En préambule de ce rassemblement, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi prochain. "Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union Etudiante.
Dans l'après-midi, Edouard Geffray a reçu les trois principales associations lycéennes, en compagnie de Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Un rendez-vous à l'issue duquel les lycéens sont sortis mitigés.
"On nous annonce quelques miettes et sur Parcoursup on nous dit plus de transparence. Nous, on lui a dit clairement, on ne veut pas davantage savoir comment on se met à sélectionner. On veut abroger Parcoursup", a affirmé à la presse le représentant de l'Union syndicale lycéenne (USL), Marius Mesnil.
Du côté de Les Lycéens!, Louis Letoublon appelle également à poursuivre le mouvement, évoquant des annonces satisfaisantes "sur un sujet seulement, la démocratie scolaire".
Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary - également adhérent du parti Renaissance - a lui salué "quelques avancées" et s'est dit "satisfait".
Sur le terrain, les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi où de 266.000 à 450.000 personnes s'étaient rassemblées dans tout le pays.
Selon le ministère de l'Education, "environ 96% des établissements (étaient) ouverts" et 157 lycées (sur 3.700) fermés à la mi-journée, le ministère précisant par ailleurs que la grève des personnels n'avait quasiment pas été suivie.
A Lille, 3.200 personnes ont manifesté selon la préfecture. "Ça s'est organisé un peu à la dernière minute et puis les gens sont fatigués. Ça fait deux semaines que ça occupe toutes nos journées, on se lève tôt, on enchaîne, c'est stressant", constate Astrid, 19 ans, mobilisée depuis le début des blocages.
Un lycée proche de Bordeaux a été en partie "saccagé" par des jeunes, en marge de la mobilisation, provoquant plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts selon de premiers chiffrages.
A Rennes, la police a décompté 3.400 manifestants (contre 9.500 mardi).
Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole mais sans annoncer de mesures concrètes pour les lycéens. Il a renvoyé à "fin octobre" pour "les premières décisions", tout en déclarant que "nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment".
- 10 milliards -
"On ne veut pas des paroles, on veut des actions", a affirmé à Nantes Camille, 17 ans, derrière une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire "Ni chair à canon, ni chair à patron".
Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250.000 places en plus à l'université, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que 18 enquêtes de la "police des polices" ont été ouvertes. Il a également indiqué la suspension de l'usage des grenades assourdissantes, après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens.
R.Khurana--BD