Les Bourses mondiales ont clôturé dans le vert vendredi, profitant de résultats d'entreprises qui ont positivement déjoué les attentes, tout en gardant un oeil sur l'évolution du coût de la dette, thermomètre des craintes inflationnistes.
A Wall Street, le Dow Jones a pris 0,53%, le Nasdaq a gagné 1% et l'indice élargi S&P 500 s'est octroyé 0,70%.
La place américaine a notamment salué les performances trimestrielles d'Amazon, propulsant le titre de plus de 15%.
Les investisseurs ont en particulier retenu la forte croissance de l'activité d'informatique à distance (cloud) et plus généralement des activités liées à l'intelligence artificielle (IA).
Dans l'ensemble, les résultats d'entreprises "continuent de surprendre très favorablement", commente auprès de l'AFP Sam Stovall, du cabinet CFRA.
Un jour plus tôt, c'est Microsoft qui avait bondi, ses comptes montrant que ses investissements pour développer l'IA n'entamaient pas sa marge, une des craintes du marché.
"Les investisseurs affichent désormais des attentes élevées en matière de retour sur investissement et le marché ne tolère plus les hausses de +capex+ (capital d'investissement) sans visibilité claire sur leur monétisation", résume Grégoire Kounowski de Norman K.
En Europe aussi les Bourses ont dans l'ensemble terminé la semaine et le mois en saluant une saison des résultats d'entreprise "qui est incroyable", relève Isabelle de Gavoty, gérante actions chez AllianzGI.
"Le consensus attendait une croissance de 14%. Aujourd'hui, on est plutôt sur une croissance de 16%, qui est tirée essentiellement par le secteur de l'énergie et le secteur des financiers", ajoute-t-elle.
Paris a progressé de 0,28% en partie grâce à l'industriel Saint-Gobain (+6,89%), Francfort a grappillé 0,07%, tout près de son record historique, tandis que Londres (-0,27%) a souffert de la chute de la financière IG Group (-14,39%).
- Pas de pause pour les taux -
Le coût de la dette souveraine américaine à long terme (30 ans) continuait de grimper à 5,26% vers 20H50 GMT, un niveau plus vu depuis 2007.
L'échéance à dix ans des bons du Trésor, la plus connue, se tendait à 4,71% contre 4,67% la veille, au plus haut depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.
Face à l'inflation, les créanciers protègent la valeur réelle de leurs capitaux en exigeant des taux d'intérêt plus élevés.
Le marché obligataire restait sous le choc des propos du président de la Réserve fédérale Kevin Warsh, qui n'a pas relevé les taux mercredi et s'en est remis aux marchés pour réguler l'offre et la demande de capitaux.
Cette posture "risque d'entamer la crédibilité de la Fed à un moment où la dette américaine atteint des niveaux record", selon Mark Dowding, Chief Investment Officer chez BlueBay Fixed Income.
La posture de M. Warsh ne fait pas l'unanimité au sein de la banque centrale: Neel Kashkari, l'un de ses responsables, a plaidé vendredi pour un "resserrement monétaire" progressif pour lutter contre la hausse des prix.
Trois membres du comité de politique monétaire de l'institution (FOMC) avaient voté pour un tour de vis dès mercredi.
"La stabilité financière mondiale repose en grande partie sur la Fed. Il sera donc essentiel que Warsh prenne les bonnes décisions et inspire confiance, en démontrant qu'il suit une stratégie claire, plutôt que de donner l'impression de vouloir simplement réduire le rôle de la banque centrale et laisser les marchés s'autoréguler", ajoute M. Dowding.
En Europe, le rendement des obligations françaises à dix ans repassait le seuil des 4% contre 3,94% la veille. Le Bund allemand, qui terminait la semaine à 3,21%, contre 3,15% la veille.
L'inflation de la zone euro est légèrement remontée en juillet à 2,9% sur un an contre 2,8% le mois précédent.
Les cours du pétrole ont avancé modestement vendredi: le baril de Brent qui fait office de référence internationale a gagné 1,22% à 90,12 dollars tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a avancé de 1,29% à 84,67 dollars.
F.Prabhu--BD