Wall Street jauge les propos de Trump sur le Groenland / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP
La Bourse de New York évolue en hausse mercredi, soupesant les nouvelles déclarations de Donald Trump sur le Groenland, au lendemain d'une forte baisse initiée par les menaces douanières du président américain.
Vers 14H45 GMT, le Dow Jones prenait 0,60%, l'indice Nasdaq 0,39% et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,58%.
Donald Tump a affirmé mercredi depuis le sommet de Davos qu'il n'utiliserait "pas la force" pour mettre la main sur le Groenland.
"Les gens pensaient que j'utiliserais la force. Je n'ai pas besoin d'utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force", a-t-il déclaré au sujet du territoire autonome danois qu'il veut placer sous pavillon américain.
Il a toutefois exigé des "négociations immédiates" sur une acquisition du Groenland par les Etats-Unis, affirmant que "seul" son pays peut "protéger" ce territoire autonome danois riche en minerais.
"Très peu d'investisseurs ont abordé la nouvelle année en pensant que le président avait réellement envisagé de s'attaquer au Groenland et de menacer de droits de douane l'Europe qui s'oppose à lui sur cette question", estime Ken Mahoney, de Mahoney Asset Management.
Selon lui, "il est très difficile pour les investisseurs de faire face à tant d'incertitudes et pour le marché de tenir le coup".
Le président américain a menacé ce week-end d'imposer des droits de douane allant jusqu'à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l'Europe à menacer les Etats-Unis de représailles.
Ce climat a chamboulé les marchés mardi: le S&P 500 et le Nasdaq ont glissé de plus de 2%, le Dow Jones de 1,76%.
Les remous boursiers "ne concernent pas seulement la situation au Groenland, mais aussi l'instabilité des actions et des décisions de Trump", juge Ken Mahoney.
Dans ce contexte d'incertitudes, sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à dix ans restait stable par rapport à la veille, à 4,29%.
Côté entreprises, le géant du divertissement en ligne Netflix n'est pas parvenu à convaincre les investisseurs au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels: le titre, qui a perdu près de 30% en trois mois, encaisse mercredi un nouveau revers, reculant de 3,67% à 84,06 dollars.
Netflix a pourtant dépassé pour la première fois les 12 milliards de dollars de chiffre d'affaires lors des trois derniers mois de 2025, en hausse de près de 18% sur un an, et prévoit de retrouver un bénéfice de plus de 3 milliards au prochain trimestre.
L'entreprise tente aussi un coûteux rachat de Warner Bros Discovery (WBD).
La compagnie aérienne américaine United Airlines (+1,95% à 110,69 dollars) était en hausse, portée par ses prévisions pour l'année en cours.
Se montrant optimiste pour son exercice 2026 qui profite jusqu'à présent de la "dynamique" lancée en 2025, l'entreprise prévoit un bénéfice net par action à données comparables compris entre 1 et 1,50 dollar au premier trimestre et entre 12 et 14 dollars sur l'ensemble de l'année.
Le géant américain de l'agroalimentaire Kraft Heinz (-5,87% à 22,37 dollars), qui produit le ketchup Heinz, le fromage à tartiner Philadelphia ou encore le café Maxwell, était dans le rouge.
L'entreprise pourrait voir le conglomérat Berkshire Hathaway se désengager de son capital, selon un document financier publié mardi par le gendarme boursier américain. Berkshire Hathaway possède 27,5% du capital de Kraft Heinz.
L.Panchal--BD