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Les discussions sur la réforme des retraites de 2023 ont débuté jeudi avec le départ de Force ouvrière, qui a annoncé son refus de participer à une "mascarade" suite à un courrier de François Bayrou aux partenaires sociaux exigeant un retour à l'équilibre financier du système dès 2030.
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"La lettre du Premier ministre a fini par nous convaincre de ne pas venir dans cette concertation", a déclaré le négociateur de FO Michel Beaugas.
"Pour nous c’est terminé. Nous ne participerons pas à cette mascarade où on veut nous faire dire qu'effectivement la seule solution, c’est d'allonger la durée de travail pour les salariés dans ce pays", a-t-il lancé à la presse après environ un quart d'heure dans la salle de réunion.
Les syndicats sont entrés dans la négociation avec la volonté d'abroger la réforme de 2023 et sa mesure phare, le recul progressif de l'âge de départ de 62 à 64 ans.
Michel Beaugas a dénoncé une "instrumentalisation" des partenaires sociaux, pour leur "faire porter le chapeau" d'un allongement de la durée de travail.
L'obligation de rétablir l'équilibre dans cinq ans oblige les partenaires sociaux à trouver plus de 6 milliards d'euros d'économies supplémentaires, sur la base du rapport remis la semaine dernière par la Cour des comptes, alors que François Bayrou s'était contenté de demander en janvier que les comptes du système de retraites ne soient pas "dégradés".
"Je suis pessimiste sur l'issue des discussions", a déclaré jeudi au Monde le président du Medef, Patrick Martin.
"Nous voyons mal comment la cible d'un retour à l'équilibre en 2030 pourrait être atteinte si l'on remet en cause la règle des 64 ans", selon lui.
La CGT a demandé de son côté à la Cour des comptes de chiffrer le coût d'un retour à 62 ans, qu'elle n'avait pas inclus dans son rapport publié la semaine dernière.
Selon un courrier adressé aux participants par l'animateur des débats Jean-Jacques Marette, les négociateurs auront droit jeudi à un "retour" sur ce rapport et établiront ensuite leur "programme de travail" pour les trois mois à venir.
- "Capitalisation" -
Autour de la table siègeront donc quatre syndicats représentatifs au niveau national (CFDT, CGT, CFE-CGC et CFTC) ainsi que l'Unsa, qui ne l'est pas, et le Medef, la CPME et l'U2P dans le camp patronal ainsi que la FNSEA (agriculteurs).
Premier syndicat, la CFDT est "motivée pour agir dans le cadre d'un rendez-vous qui est une vraie opportunité", a expliqué à l'AFP le numéro deux de la centrale réformiste Yvan Ricordeau.
La CFDT espère pouvoir "répondre aux principales attentes" des salariés, notamment "la prise en compte de la pénibilité et le renforcement du droit des femmes", a-t-il précisé. Il souligne aussi la nécessité de "trouver une voie de passage avec un équilibre financier", pour garantir une retraite aux "générations futures".
La Confédération des PME insiste aussi sur "l'équité intergénérationnelle" et veut "mettre dans l'équation la question de l'espérance de vie et de son évolution", a expliqué à l'AFP son vice-président en charge des affaires sociales, Eric Chevée.
Pour trouver de nouvelles recettes, la CPME propose d'aligner le taux de CSG (contribution sociale généralisée) des retraités sur celui des actifs, un peu plus élevé, (hors petites pensions).
Elle souhaite aussi l'introduction d'une dose de "capitalisation" (un système d'épargne dans lequel chaque retraité cotise pour sa retraite future) en plus du système par répartition qui prévaut aujourd'hui (les cotisations des actifs payent les pensions des retraités actuels).
"Le patronat mène une campagne de pub extrêmement puissante sur la retraite par capitalisation", constate pour sa part Denis Gravouil, négociateur de la CGT, farouchement opposé à cette idée.
Ce syndicat propose d'équilibrer le système en augmentant les salaires des femmes, en supprimant les exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires et en soumettant à cotisations l'intéressement et la participation.
François Bayrou a indiqué dans son courrier que les parlementaires seraient informés de l'avancée des travaux "à échéances régulières".
Il a promis que si les partenaires sociaux parviennent à un accord pour amender la très impopulaire réforme de 2023, le texte sera soumis au parlement.