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Vers une remise en cause des accords de 1968 avec l'Algérie ? Pour définir les "orientations" du gouvernement en matière d'immigration, François Bayrou réunit mercredi une partie de son gouvernement sur fond de tensions croissantes avec Alger encore ravivées depuis l'attentat de Mulhouse.
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A partir de 14H00, une dizaine de ministres seront rassemblés autour du Premier ministre pour un Conseil interministériel de contrôle de l'immigration (CICI). Ils discuteront notamment de "la maîtrise des flux migratoires" et des moyens "nationaux, européens et diplomatiques pour renforcer les contrôles", a appris l'AFP auprès de Matignon.
A l'issue de ce premier échange prévu pendant une bonne heure, M. Bayrou prendra la parole, selon la source.
Créé en 2005, le CICI a été réactivé par M. Retailleau "dans le contexte d’une immigration importante" et "pour répondre aux attentes des Français en faveur d'une plus grande maîtrise des flux migratoires".
- "Rapport de force" ou diplomatie -
Annoncé fin janvier puis reporté, ce rendez-vous se tiendra finalement après l'attaque survenue samedi à Mulhouse (Haut-Rhin), dans laquelle un Algérien de 37 ans, en situation irrégulière et sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), est accusé d'avoir tué à l'arme blanche une personne et d'en avoir blessé sept autres.
"Il avait été présenté quatorze fois aux autorités algériennes. Et quatorze fois les autorités algériennes ont dit non", a dénoncé M. Bayrou mercredi depuis le Salon de l'agriculture, jugeant à nouveau "inacceptable" le refus d'Alger de reprendre son ressortissant.
Cette nouvelle affaire vient aggraver un peu plus les tensions entre Paris et Alger, qui a refusé à de multiples reprises ces dernières semaines de laisser entrer sur son sol plusieurs de ses ressortissants expulsés de France.
La question algérienne sera au coeur des discussions du CICI, alors que Paris tente de trouver des réponses face à Alger. Plusieurs pistes ont été évoquées ces dernières semaines mais divisent profondément le gouvernement entre les partisans du "rapport de force", à l'instar de Bruno Retailleau, et ceux qui plaident pour la voie diplomatique comme Jean-Noël Barrot.
- "Escalades verbales" -
M. Barrot a annoncé mardi soir que des "mesures de restriction de circulation et d'accès au territoire national pour certains dignitaires algériens" avaient été prises, sans préciser depuis quand.
Mercredi, il a indiqué sur France 2 qu'il allait proposer que les délivrances de visas soient réduites "par tous les pays européens en même temps" pour les Etats qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.
A l'inverse, il propose que l'UE baisse les droits de douanes pour les pays avec qui la coopération pour la reprise de leurs ressortissants s'améliore. "C'est un levier qui est particulièrement puissant", selon lui.
Le ministre de l'Intérieur, qui plaide pour "priver un certain nombre de personnalités de la nomenklatura, de diplomates" des "facilités" dont ils bénéficient actuellement, souhaite aller plus loin et "remettre en cause de façon plus générale des accords" avec l'Algérie de 1968 - comme les anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal.
En attendant, les arbitrages de l'exécutif, chacun y va de ses propositions. Dernier exemple en date: le président LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a suggéré sur TF1 d'imposer "des pénalités sur Air Algérie", voire de "restreindre les vols entre Alger et Paris".
"Il faut qu'on fasse attention", a tempéré sur Public Sénat le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, rejetant "les escalades verbales" car "l'efficacité doit compter plus que tout" afin de "réinstaurer un travail dans la durée avec l'Algérie".
"Tous nos intérêts sont à l'inverse de cette confrontation", a estimé le député Insoumis Eric Coquerel, pointant la "faute historique" du gouvernement qu'il a accusé "d'agir comme une puissance néo-coloniale".